Le cinéma numérique en perspective avec son ancêtre analogique

Avec l’équipe de C-SIDE, nous avons fait une présentation sur le DCP à Fonction cinéma hier soir.

Pour mettre en perspective les enjeux de la projection numérique (et de la production numérique tout court), j’en ai profité pour faire une mise à plat de la production cinéma à travers une opposition en face à face de l’ancien monde (l’analogique) et le nouveau monde (le numérique).

Tout bouge sur la planète cinéma: outils et workflows techniques, méthodologies de travail, normes (tournage, montage, diffusion), relation au spectateur, nouveaux formats et plateformes de diffusion, droits d’auteur, diffusion et distribution, financements - la liste est longue et évolue tous les jours.
Un film reste un film, mais le chemin pour arriver “au bout du film” n’est plus du tout le même: il y a maintenant autant de chemins qu’il y a de films…
Pour tenter d’y voir un peu plus clair, voici un jeu de miroir entre l’ancien et le nouveau monde.

ETAT DES LIEUX PRODUCTION DE FILMS

Cette présentation est une base de réflexion qui n’est pas exhaustive – elle va encore évoluer grâce à des retours critiques (merci déjà à Florent Maurin).

Elle est là / Finally it’s there

Heureuse qui comme Ulysse à fait un beau voyage

Heureuse qui comme Ulysse filmera 100 paysages…

Et puis a retrouvé, après mainte traversée le pays, des vertes vallées.

 

C’est par un joli matin d’été, que nous l’avons receptionée

Elle pèse quelques kilos, porte une seule couleur et fait des Raw

D’autres photos viendront…

 

After a long wait, we’re glad to announce that,

our new Epic-X S35 finally arrived last tuesday  @ C-Side productions Geneva.

We’ll upload more pics next week

 

RED S35 EPIC X

De grâce, soyez progressifs !

Producteurs / productrices, réalisateurs / réalisatrices, caméramens / camérawomans: de grâce, arrétez le supplice de l’entrelacé, soyez progressifs !

Pour vous convaincre par l’exemple, regardez les soucis sur les images de deux projets qui sont passés par chez nous aujourd’hui:

 
A gauche, la vidéo diffusée sur internet (capture d’écran) et à droite, ce qui a servi de source pour l’encodage web, déjà compressé en H264 à partir d’un fichier PAL entrelacé

Image HD 1920×1080, tournage en HDV entrelacé

Ne pensez surtout pas qu’il s’agit de phénomènes exceptionnels: c’est notre quotidien de devoir nous battre avec ce genre de problèmes. Mais là où c’est réellement problématique, c’est que le 90% des problèmes que nous devons résoudre proviennent en droite ligne des artefacts de l’entrelacé.

Petite analyse des problèmes:
- le fait que la source soit entrelacée ne produit pas forcément des problèmes au départ, mais souvent de manière imprévisible à la fin de la chaîne. Le premier exemple en est la preuve: même un encodage H264 qui est lisse peut provoquer des artefacts monstrueux parce qu’un encodeur “s’encouble” sur l’entrelacé cumulé à la forte compression et aux mouvements rapides (cette vidéo est très “shakée”);
- le fait de faire des calculs sur un fichier entrelacé peut faire apparaître les problèmes comme sur l’exemple de la deuxième image. Là aussi, il suffit d’un petit problème non visible sur la source qu’une avalanche d’erreurs successives vienne produire des effets aussi indésirables…

Pourquoi donc reste-t-on avec cet entrelacé qui aujourd’hui nous amène tant de problèmes ? Vaste question, qu’il faut poser à Sony et tous les autres constructeurs qui sont derrière les formats 1920×1080 ou 720×576 @ 50i (i = un signal entrelacé).
Un petit rappel sur les avantages et inconvénients de l’entrelacé et du progressif.

- Avantages du mode entrelacé : rendu des mouvements plus « ample » pour les uns (ou chewing-gum pour les autres), compatibilité avec les écrans tubes (qui ne restituent qu’un signal entrelacé contrairement aux écrans plats qui ne fonctionne qu’avec des images “pleines”, progressives donc), compatibilité « historique » avec le signal PAL et NTSC pour une télédiffusion hertzienne analogique.

- Inconvénients du mode entrelacé : peut provoquer de sérieux problèmes lors de la compression (voir exemples…), cumulé à un shutter speed (vitesse d’obturation) qui n’est pas au 50ième de seconde il y a de forts risques d’artefacts après nouvel encodage ; passe souvent mal sur des écrans plats et sur des projecteurs vidéo (effet de peigne); plus compliqué à calculer et peut prendre plus de place de stockage que le progressif; peut provoquer du scintillement et du flicker lors d’une «downconversion» (HD vers SD). En résumé, l’entrelacé venant du monde de la vidéo est très peu soluble avec l’informatique, qui, comme on ne peut que le constater aujourd’hui, est incontournable et omniprésente. Le “vrai” signal vidéo va bientôt appartenir au passé…

- Avantages du mode progressif : meilleur rendu de mouvements (plus nets), meilleure stabilité sur toute la chaîne de production et de postproduction (s’encode et se décode bien plus facilement, se calcule plus rapidement), meilleure résolution verticale (sur une image fixe), rendu plus cinéma (appréciation subjective), meilleure compatibilité avec toutes les techniques de diffusion actuelles (moniteur ou projecteur LCD, projecteur DLP etc), prend moins de place qu’un signal entrelacé.

- Inconvénients du mode progressif : peut paraître saccadé sur un moniteur tube (dépend de la caméra et des réglages), on peut ne pas aimer le “rendu cinéma”.

Aujourd’hui, à part si la destination unique est le diffusion du film à la télévision en passant par une cassette PAD, il n’y a AUCUN intérêt et que des désavantages de tourner en entrelacé.
Malheureusement il apparaît que les “bons” vieux réflexes ont la peau dure… La plupart du temps, les personnes qui fabriquent les images ne voient que ce qui sort de la caméra ou ce qui est monté en “natif” et la sortie finale: autant la qualité de départ peut sembler parfaite sur le moniteur de visionnement, autant le chemin pour arriver à garder un tant soit peu de qualité pour les diverses sorties (DVD, internet, cassette PAD) est compliqué et semé d’embûches.
Sans compter les artefacts plus ou moins gênants comme ceux présentés ci dessus, le fait de devoir faire une compression DVD qui tienne la route à partir d’un film tourné en HD au mode entrelacé est une aventure à chaque fois différente: il faut combattre les scintillements (ennemi n°1), il faut vérifier s’il n’y a pas des erreurs de compressions sur la source et sur les exports et compressions multiples (ennemi n°2); il faut veiller à ne pas produire un effet “d’inversion de trame” (ennemi n°3); bref, il faut cultiver une parano qui n’est pas très saine et absolument pas désirable.

Donc, SVP, producteurs / productrices, réalisateurs / réalisatrices, caméramens / camérawomans: de grâce, arrétez le supplice de l’entrelacé, devenez progressifs !

Dans une mailing list, ces mots qui résument la même chose:

On 1 September 2011 23:41, Philip Hodgetts wrote:

> Interlace is an artifact of a compression technology who’s time is
over.

On Sep 1, 2011, at 6:44 PM, David Ross wrote:

> I really wish that were true.

I say:

Perhaps it would be more succinct to say that interlace should be put
out of its misery because in many ways, it’s holding us back.
Unfortunately, it lives on and will do so for many years to come.

Dennis Degan, Video Editor-Consultant-Knowledge Bank
NBC Today Show, New York

Un autre commentaire de Philip Hodgetts sur son blog:

Interlace is the spawn of the devil, an artifact of poor bandwidth in the 1940′s and something that is now a real problem for displays that are all universally progressive. In the consumer market there are now very few interlaced displays, except 5+ year old SD TVs.

Broadcasters are not obliged to broadcast interlace (they have progressive choices) and interlace is a total pain to encode: 1080i will always look worse on a destination screen than 720P even with the reduced resolution of 720.


Nouveau viseur Red et Red Focus

Le nouveau viseur Red Pro EVF vient d’arriver, accompagné du Red Focus, qui permet de vérifier le réglage de la bague PL sur notre Red One et notre futur Epic-X… Le Red Bomb EVF a une résolution de 1280×784, un affichage 30 bits et un chauffage intégré (pour résister au froid). Il est aussi petit et léger.

Wanted: développeur web

 

Un petit billet pas comme les autres – mais oh combien important…

Nous cherchons un(e) développeur web pour les sites suivants:
http://memoways.com/ (à faire entièrement sur base d’une structure existante); http://walking-the-edit.net (à reprendre depuis les bases, ajout de modules de visualisation et de fonctionnalités d’édition); http://www.c-sideprod.ch/ (à repenser et refaire intégralement). Pour chacun de ces sites un blog dédié est également à mettre en place (WordPress…)

Lieu: Genève, centre ville
Disponibilité: de suite
Type d’engagement: idéalement un développeur indépendant pour plusieurs mandats qui demandent environ 30 jours de travail cumulés sur une période de 3 mois. Selon la dynamique créée, potentiellement du travail à 40% sur l’année avec d’autres développement de sites de type http://walking-the-edit.net et suivi sites existants.
Profil: développeur Web JS/CSS/HTML avec bonnes connaissances de Ruby On Rails souhaitées; bonne maîtrise des outils collaboratifs de développement, notamment GIT. Expérimenté à l’utilisation de librairie javascript (JQuery…) et interaction avec un serveur d’API.

Dans ce cadre, vous aurez en charge les missions suivantes :
- Prise en main des sites existants puis développement en lien avec les personnes responsables des améliorations graduées dans un planning à effectuer
- Réaliser les développements et l’intégration technique des conceptions graphiques en JS/CSS/HTML
- Tests, débugage, formation rapide des utilisateurs sur les CMS de gestion

Une bonne vision et utilisation du web actuel (HTML5, réseaux sociaux etc) est vivement souhaitée; nous cherchons une personne ayant quelques années d’expérience tout en étant ouverte et curieuse sur de nouveaux développements à “inventer” (flexible est ouvert/e à de nouveau langages et outils de développement). Organisé(e) et précis(e), vous avez le goût du travail en équipe et du partage des connaissances.

Pour des questions et contact: ufischer@c-sideprod.ch

La Red One la mieux équipée de Suisse ?

Après avoir mis-à-jour notre Red One avec le nouveau capteur Mysterium-X, plus sensible (800 ASA), meilleur rendu des couleurs (peau et sous lumière tungsten), ainsi qu’une plus grande dynamique (13 diaphs) ; nous avons à présent équipé notre Red One d’un module SSD (RedMag). Fini les disques durs volumineux, lourds, sensibles aux vibrations ; fini les câbles fragiles et encombrant ; fini les cartes Compact Flash de trop petite capacité. Le module SSD remplace le module Compact Flash et permet d’accueillir un disque SSD 1,8″ directement dans le corp de caméra, nous avons deux RedMags de 64Go qui permettent d’enregistrer environ 40 minutes de 4K chacun, et une commande de deux disques de 128Go en cours.

Notre tant attendu nouveau viseur électronique (EVF), le Red Bomb EVF est finalement disponible et devrait arriver d’ici quelques jours. Par rapport à l’ancien viseur Red, il offre plus d’informations dans le viseur est plus petit et plus léger et surtout est équipé d’un système de chauffage intégré le rendant résistant au froid, ce qui était une des grandes faiblesse du modèle précédent.

Comment inverser la vitesse d’un plan, mieux que ne sait le faire FCP

Confronté à ce problème aujourd’hui, j’ai cherché du côté de notre fidèle ami Graeme Nattress, connu pour ces nombreux plug-ins pour FCP et Color, ainsi que comme le codeur de génie derrière le Red Raw, et il se trouve que non seulement il a une solution bien meilleure que le mode “Reverse” proposé pas FCP, mais en plus c’est gratuit. Ça s’appelle “G Reverse” et c’est ça se télécharge ici : http://www.nattress.com/Free/freeFCP.htm

Cordialement,
Damien

C-SIDE réalise sa 1ère copie cinéma numérique en DCP

Tout le monde en parle dans le monde de la post-production vidéo, le DCP (pour Digital Cinema Package) est en train de devenir le nouveau standard de projection pour les salles de cinéma. Bien sûr on regrettera la magie de la pellicule analogique mais il faut bien reconnaître que les avantages du DCP sont nombreux.

Yanoosak première Genève from Taxi films Geneve on Vimeo.

La qualité tout d’abord est au rendez-vous avec une image qui peut atteindre une résolution de 4096 x 2160 pixels (4K) et un son linéaire en 24 bits jusqu’à 12 canaux. Une qualité que l’on va pouvoir reproduire sans la moindre perte puisqu’il s’agit de copies numériques, fini donc les poussières et autres bavures que l’on retrouve bien souvent sur les copies analogiques. Ces copies sont elle-même beaucoup moins chères puisqu’un DCP peut tenir sur un banal disque dur de 2.5″ quand il n’est pas tout simplement transmis via un serveur FTP ! Les coûts de fabrication sont aussi en nette diminution ce qui permet à C-SIDE de proposer un encodage en DCP à des tarifs concurrentiels et surtout aux productions vidéo d’envisager une projection en salle ce qui était bien souvent hors budget dans le cas d’une copie 35mm.

C’est pour toutes ces raisons que C-SIDE a décidé de se lancer dans la fabrication de master DCP ce qui nous permet désormais de proposer une chaine de production complète dans la haute définition avec la location de caméras HD et 4K (RED), l’étalonnage en HD (l’une de nos stations est d’ailleurs équipée de la carte RED ROCKET) et notre dernier investissement dans une station d’encodage DCP.

La 1ère copie DCP vient justement d’être réalisée et C-SIDE vous invite à venir voir le jeudi 14 avril à 20 heures le film libanais YANOOSAK en 1ère suisse dans le cadre du Festival International du Film Oriental de Genève. Des places sont à gagner en nous envoyant un mail à l’adresse suivante : dcp@c-sideprod.ch adresse que vous pouvez aussi utiliser pour toutes vos questions ou demandes concernant le DCP.

Red Epic – 250 caméras déjà livrées

Jim Jannard, le fondateur de Red Digital Cinema, plus communément appelé simplement Red, après une longue attente, a annoncé qu’ils ont finalement commencé à livrer leur nouvelle caméra, la Epic. Ils annoncent parallèlement qu’au moins 250 autres seront livrées d’ici le salon NAB* début avril à Las Vegas.

L’Epic est la nouvelle caméra de Red, après la Red One sortie fin 2007, qui présente un certain nombre d’avancées technologiques :

- un capteur aux dimensions S35 (Super 35mm), soit la taille du négatif utilisé sur les caméras de cinéma 35mm
- une résolution de 5120 x 2700 pixels (5K)
- en enregistrement “raw” en 12bits ou 16bits, afin de conserver les données brutes du capteur, et ainsi garder une latitude maximale pour la post-production
- plusieurs choix de compressions, (RC25 à RC250) dont une option sans pertes
- enregistrement à des hautes fréquences d’images pour créer des ralentis, jusqu’a 120 images par secondes en pleine résolution, et 225 ips en 2K
- mode HDR (High Dynamic Range), une nouveauté pour de l’enregistrement d’images en mouvement. Cela fonctionne en faisant une double exposition, simultanément, une fois pour les hautes lumières et une fois pour les basses lumières.

Le tout dans un corps de caméra compact pesant à peine 2 kg.

C-Side attends une des premières Epic de Suisse dans le second trimestre 2011.

 

* National Association of Broadcasters, le plus grand salon de la planète dédié à l’audio-visuel, il se tient tous les ans au mois de d’avril à Las Vegas, et est l’occasion pour les fabricants d’annoncer et de présenter leurs nouveaux produits.

2011, quelles perspectives ?

Comme chaque début d’année, on se pose la question de quoi va être faite celle qui vient de démarrer. Les pistes suivantes seront à l’ordre du jour (mais pas chaque jour de l’année):

- Quels outils logiciels utiliser ? Devant le retrait d’Apple face aux ProApps (les logiciels professionnels, ceux qui n’ont pas de petit “i” devant), devant le fait que les gros éditeurs n’écoutent pas les personnes qui travaillent sur le terrain, il est grand temps de reconsidérer quels outils utiliser et à qui donner de l’argent. D’un côté les petits éditeurs avec qui il est possible de travailler main dans la main pour personnaliser et optimiser les outils selon nos besoins (mais avec un coût en temps et en argent qui peut être conséquent) et de l’autre, les solutions “plug and play” à moindre coût des grosses boites. Il n’y aura sans doute pas un chemin unique, mais pour chaque application un choix stratégique devra être fait…
- Quels outils hardware utiliser ? Les pistes esquissées ci dessus ne sont pas directement transposables pour le hardware, mais intimement liées. La aussi, sortir du monopole Apple en direction de solutions plus précises et mieux maitrisables; mais cela va engendrer un coût de formation continue qui risque d’être conséquent !
- Quelle philosophie de travail ? pour être plus précis: comment travailler au jour le jour en essayant d’être le plus efficace et créatif possible ? Très concrètement, cela veut dire optimiser le travail collaboratif depuis le projet sur une machine spécifique jusqu’à sa visibilité publique (sur internet, dans les salles de cinéma etc). Penser réseau, partage de données, archivage, traçabilité, métadonnées, …

Nous allons revenir tout au long de l’année sur ces interrogations, avec j’espère des solutions concrètes et jouables sur le moyen / long terme…!

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